Comment illustrer un conte oral : Le rouge gorge et le sapin

un rouge gorge dans les branches d'un sapin

Le conte, un média privilégié

Par sa nature, le conte fait rêver. Il donne à réfléchir et fait appel à l’imaginaire. C’est un genre très prisé pour l’illustration. Ainsi des contes traditionnels sont réédités chaque année. On a un peu l’impression que chaque maison d’édition veut avoir sa version du Petit chaperon rouge ou de La belle au bois dormant.

Cela me fait penser aux chanteurs qui reprennent des tubes. Comme si chaque artiste voulait interpréter le même texte.

De plus en édition, les classiques sont vendeurs. Les livres pour enfants sont souvent offerts et ceux qui les achètent veulent être certains de ce qu’ils vont trouver. Cela leur rappelle aussi leur enfance. Il y a un lien de filiation, une tradition qui s’instaure.

J’ai choisi ici d’illustrer non des contes classiques mais un conte oral : Le rouge gorge et le sapin. Je l’ai entendu dans plusieurs régions de France, avec quelques variantes. Il offre une explication poétique à un phénomène scientifique, et il m’a inspiré.

Il n’est pas encore édité, mais si cela vous intéresse, contactez-moi.

L’écriture

La difficulté de s’approprier un conte oral, c’est que par définition il n’est pas écrit. Ainsi j’ai entendu plusieurs versions du conte. J’ai commencé par chercher auprès de conteurs ainsi que sur internet, mais je n’ai pas trouvé de texte. J’ai donc choisi d’écrire moi-même le texte en mélangeant les versions entendues.

Une fois le texte écrit, il restait à l’illustrer. L’histoire offre de beaux contrastes entre le vert des feuilles et la gorge rouge de l’oiseau.

 

1ère version, la céramique

La dernière année d’études à Émile Cohl, nous avons participé au concours d’illustration de la foire du livre d’enfants de Bologne. Tous les ans, des illustrateurs du monde entier envoient cinq illustrations en espérant être retenu par le jury. Ceux qui le sont exposés sur la foire et puis réunis dans un livre. Cela donne une bonne avancée dans la carrière de nombreux illustrateurs.

J’avais donc décidé d’illustrer ce conte. J’avais choisi cinq moments clefs. Et pour la première fois, j’avais utilisé pour illustrer une technique de céramique, le sgraffite. Pour cela j’avais réalisé des plaques de terre rouge. Puis j’avais passé une couche d’engobe noire, puis une blanche. Une fois sec, j’avais gravé plus ou moins profond pour dessiner. Ainsi j’ai obtenu des illustrations en trois couleurs, rouge, noir et blanc.

J’ai même utilisé une cassure dans une des plaques de céramique pour le dessin. En effet, cela souligne le refus du chêne de protéger sous ses feuilles l’oiseau malade.

Mes dessins (des impressions d’après photographie) n’ont pas été retenues par le jury. En même temps c’était autant un test pour moi. En effet pour mon diplôme j’ai réalisé un livre avec des illustrations en céramique  Guêtres de pollen et autres noms indiens. Quant au conte, je l’ai retravaillé avec une autre technique.

 

2ème version, les monotypes

Pour ma deuxième version, j’ai utilisé des monotypes et des gravures anciennes. J’ai retravaillé les image obtenues par infographie.

J’ai choisi de garder une dominante de verts et de bleus foncés, puisque l’histoire se déroule lors d’une tempête. Ces tonalités contrastent aussi avec la gorge de l’oiseau qui rougit petit à petit.

 

La liberté de création

L’avantage d’avoir illustré ce conte, c’est que je n’avais pas de référence visuelles. Ainsi j’ai pu laisser libre court à mon imagination, notamment pour la représentation des arbres, ou de l’oiseau.

 

 

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