Merci facteur !

Merci facteur est un site internet très pratique pour envoyer des cartes. En effet ce site nous propose d’imprimer et d’envoyer des cartes pour nous. Testé et approuvé par de nombreuses personnes, il est très facile d’utilisation. Et je vous en parle parce vous pouvez y acheter mes cartes postales !

Une illustration de l'artiste M.Broca pour souhaiter une bonne année 2019.

Merci facteur, le principe.

Ce site imprime et envoie notre courrier. On peut envoyer des lettres, officielles ou non, des cartes, personnalisées ou de créateurs et on peut même ajouter nos photos. Une fois choisi ce que l’on veut envoyer, on choisi quand le courrier doit partir, on règle et hop, le site s’occupe du reste. L’interface est très simple et nous guide à chaque étape. Même des personnes en difficulté avec l’informatique y arrivent.

Les cartes.

Ce dont je voudrais vous parler, c’est le catalogue de cartes proposées par merci facteur. Une partie est proposée par des illustrateurs dont moi.

À chaque fois que vous choisissez d’envoyer une de mes cartes, je perçois un pourcentage de la vente. Vous pouvez retrouver mes cartes dans différentes catégories sur le site comme anniversaire, ou bonne année. Mais le plus simple c’est de se rendre directement sur ma boutique. Vous retrouvez toutes mes cartes en quatre formats au choix.

J’ai testé ce service et je dois dire que l’impression est de très bonne qualité. Quant à l’écriture, on peut choisir entre plusieurs, ce qui ajoute de la personnalisation. Petit plus, en bas du site, on a un chrono qui nous indique le temps restant avant la levée du courrier.

Je ne dis pas que ce site doit remplacer les cartes postales, mais que c’est un complément. Par exemple quand on a oublié l’anniversaire d’un proche le lendemain. Ou lorsqu’on est à l’étranger et qu’on ne veut pas payer plus cher ni attendre un mois pour envoyer une carte.  Et puis ce sont des prix vraiment doux pour avoir le travail de professionnels.

Les étapes de création

Je vous présente ici la création de deux cartes : anniversaire et je t’aime.

La carte anniversaire

Pour cette carte j’ai eu l’idée très vite, un oiseau qui sort d’un gâteau d’anniversaire. J’ai donc réalisé la première image en couleurs. Mais j’ai pensé qu’il fallait mieux un trait noir pour souligner les détails. J’ai donc recommencé avec un dessin au stylo Unipin (une encre qui ne bave pas). Puis, j’ai ajouté les couleurs à l’encre. Mais j’ai traité l’écriture à part, pour la rajouter ensuite par ordinateur.

J’ai réalisé une planche d’écritures différentes pour plusieurs cartes. À l’encre noire tout d’abord puis j’ai ajouté la couleur. Ainsi je peux choisir exactement l’emplacement de la formule sur la carte.

La carte “Je t’aime”

Pour cette carte aussi j’ai commencé directement à l’encre de couleurs. J’ai repris des personnages que j’avais mis en scène dans un calendrier de l’Avent. Avec juste les contours en couleurs, cela m’a semblé vide. Alors j’ai coloré les cœurs puis l’arbre. Et là j’ai compris qu’il fallait un trait noir pour soutenir le dessin.

J’ai donc repris mon dessin. Puis j’ai incrusté l’écriture par ordinateur. J’ai eu du mal à choisir, mais finalement l’équilibre de la carte était meilleure avec “je t’aime” au dessus des oiseaux.

En conclusion

Vous pouvez donc acheter ces deux cartes ainsi que d’autres dans ma boutique de merci facteur.J’en rajoute régulièrement avec de nouveaux thèmes.

Et pour les illustrateurs qui souhaiteraient vendre leurs créations, il y a un système de parrainage. Passez par ce lien pour vous inscrire.

 

5 gestes pour prendre soin de ses pinceaux

Que cela soit pendant mes études ou depuis que j’enseigne, je vois souvent les gens malmener leurs pinceaux. Pour moi c’est un sacrilège de ne pas prendre soin de son matériel ou de le gâcher. Je sais que je suis extrême pour certains, mais même sans parler de gâcher, on ne va pas acheter des pinceaux tous les jours.

C’est comme si vous jetiez par terre votre téléphone après chaque appel ou texto. Il faudrait le changer très souvent. Pour les pinceaux c’est pareil. Si on n’en prend pas soin, ils perdent leurs poils, leurs pointes, leurs souplesse. Bref, ils ne répondent plus à nos besoins et il faut en racheter.

Je vais donc vous donner cinq gestes pour prendre soin de vos pinceaux. On verra aussi à quoi peuvent servir les pinceaux usagés ou abîmés. J’explique pour toutes les peintures, même si pour l’huile on utilise un solvant et non de l’eau.

 

1. L’écrasement

De nombreuses personnes laissent les pinceaux dans l’eau /diluant tête en bas. C’est le meilleur moyen de détruire vos pinceaux. Certains, comme les brosses dures résisteront plus longtemps à la gravité, mais cela abîme tous les pinceaux. Les poils ne sont pas assez résistants face au poids du manche, qui fini toujours par écraser la pointe. Et vous vous retrouvez avec des poils courbés.

Le truc, c’est de les rincer et de les poser soit sur un chiffon, soit sur un porte couteau. Il existe aussi des godets avec des ressorts pour les coincer tête en bas mais la pointe dans le vide.

Certains les laissent dans l’eau/diluant pour éviter de les rincer tout de suite. Ils pensent que la peinture fera plus de mal. Mais à part pour l’acrylique qui sèche très vite, les pinceaux peuvent rester avec de la peinture, à condition de bien les laver par la suite .

 

2. Le nettoyage commence par l’essuyage

En effet, beaucoup de personnes nettoient directement leurs pinceaux sans les essuyer avant. Y compris avec plein de peinture dessus. Et pourtant, cela réduit le travail de moitié. En effet, le chiffon va absorber l’excédent de peinture et il ne restera que la peinture entre les poils. Pourquoi perdre du temps et de l’énergie alors qu’un simple geste nous aide ?

Je précise pour les chiffons que n’importe quel bout de tissu absorbant fait l’affaire. Pour ma part, je garde de vieux torchons, essuie mains, et même serviettes, que je découpe en petits bouts. Je les jette une fois très sales. C’est beaucoup plus écologique, économique et efficace que du papier absorbant ou des mouchoirs.

 

3. Puis par le rinçage

Toujours à notre poste de travail, il y a encore un geste à effectuer, rincer les pinceaux. Certains ont du diluant ou de l’eau exprès, en général j’utilise ce que j’avais pour peindre. En effet je n’ai pas encore de place dédiée et je doit tout ranger après avoir peint. Ici encore c’est une étape pour enlever une part de peinture. Pour l’aquarelle, la gouache, et l’acrylique, j’utilise mon eau et je secoue énergiquement mes pinceaux dedans. Pour l’huile j’utilise le nettoyant écologique très efficace de chez Sennelier, mais le white spirit fonctionne aussi.

Des pinceaux, des solvants, diluants et nettoyant huile

4. Enfin le lavage

C’est un peintre en trompe l’œil qui m’avait donné ce truc et depuis je l’utilise pour tous mes pinceaux. Je les frotte sur du savon et je les rince à l’eau. Je recommence du moment que la mousse n’est pas blanche. Là encore, si je les écrase contre le savon je vais abîmer les poils. J’essaye donc de frotter dans le sens du pinceau. Avec mon pouce, je pars de la base des poils et je remonte à la pointe pour bien nettoyer l’intérieur des poils.

Pour le savon, certains utilisent un spécial artiste. J’ai aussi entendu parler d’un savon pour l’aquarelle. Personnellement je prends les chutes de mon savon qui est biologique. Le savon de Marseille est très bien aussi.

Pour la température de l’eau certains disent chaud, d’autres tiède. Pour ma part je ne sais pas si ça influe sur le nettoyage, mais en hiver l’eau tiède est plus agréable, surtout quand on a de nombreux pinceaux à laver.

Prendre soin de ses pinceaux. Une main tient un savon et un pinceau.

5. Le rangement

Geste très important puisque qu’on n’a pas passé autant de temps à nettoyer ses pinceaux pour les laisser s’abîmer par la suite. Évidemment on ne les laisse pas la tête en bas, sauf s’il sont suspendus. Et il faut reformer les pointes avant le séchage. Personnellement je les laisse sécher à l’air libre sur mon chiffon avant des les ranger.

Puis j’ai des pots où je les rassemble selon les techniques, aquarelle, gouache, acrylique, huile. Parce qu’on n’utilise pas les même pinceaux pour toutes les techniques, surtout que certaines sont plus agressives pour les poils. J’ai aussi une pochette pour certains grands pinceaux. Pour le protège pointe en plastique, attention en le remettant, souvent des poils se coincent et on fait plus de mal que de bien. Je les garde si je transporte mes pinceaux.

J’ai aussi eu une mésaventure avec des mites qui m’ont mangé des pinceaux chinois. Mais c’était des pinceaux dans des boîtes, alors que ceux à l’air libre n’ont rien eu. Depuis je fais la chasse aux mites de manière active.

 

 

Que faire des pinceaux abîmés ?

Surtout ne les jetez pas. Certains pourront faire des effets, par exemple de feuillage pour ceux aux poils écartés. Vous pouvez aussi les utiliser pour une autre technique. Un pinceau qui ne réagit plus très bien pour l’aquarelle pourra servir avec de la gouache ou de l’acrylique.

Vous pouvez aussi les finir pour utiliser du liant acrylique ou de la colle blanche. Ces deux médiums attaquent les poils même très bien rincés. C’est pourquoi il vaut mieux utiliser de vieux pinceaux.

Enfin le géant des beaux arts les récupère contre un pourcentage sur des nouveaux pinceaux. C’est une offre intéressante, mais personnellement je n’ai pas encore eu à m’en servir. En effet, je pratique aussi la céramique, et je récupère les pinceaux sans poils pour en faire des outils. En art beaucoup d’objets peuvent être détournés .

 

Soin des pinceaux : ok

Maintenant que vous savez tout pour faire durer vos pinceaux, bonne peinture !

 

Une carte envoyée par semaine.

Une carte par semaine en 2018

En 2018 je n’ai pris qu’une seule bonne résolution : écrire et envoyer une carte par semaine. Et je pense avoir réussi ce défi, malgré quelques problèmes de régularité. Et j’ai pu rattraper mon retard avec ce défi de fin d’année : 25 cartes de l’Avent. Je n’ai pas renfloué les caisses de la poste qui d’ailleurs à augmenté ses tarifs le 1er janvier comme chaque année. J’ai donc prévu le coup et j’ai acheté quatre carnets d’avance en décembre.

J’ai eu l’idée de ce défi en découvrant des lettres envoyées par Picasso, Braques et d’autres peintres. Elles étaient dessinées, peintes ou transformées par les artistes, parfois les enveloppes aussi. Dans certaines lettres, les mots sont des prétextes, de simples remerciements ou invitations en quelques lignes. L’équivalent d’un texto aujourd’hui. La carte devient cadeau, œuvre à part entière.

Cela m’a donné envie de réaliser mes propres cartes. Lorsque je n’ai pas le temps, j’utilise une carte que je transforme. Sinon j’attrape mon matériel et je me mets au travail. Une amie le fait pour ses cartes de vacances, et ça m’a toujours fait plaisir de recevoir ses cartes personnalisées. J’ai appris depuis peu que durant l’été, la poste s’engageait à livrer n’importe quel support. Il faut juste un timbre et une adresse lisible. Mais je n’ai pas encore testé la mini carte.

Voici trois cartes personnalisées, réalisée en 2018 pour des anniversaires.

2019 : résolution renouvelée

Je n’ai eu que des bons retours sur cette résolution. Une amie m’a même dit : “Tu vas faire des heureux toutes les semaines !” Ce qui est bien c’est que ça génère un échange. On répond à un message en général dans le média concerné : texto, mail, coup de fil, lettre. Ce qui fait que moi aussi j’ai reçu des lettres en retour.

En faisant du tri dans mes papiers, j’ai retrouvé des courriers reçus quand j’étais au collège. J’avais oublié la longueur et la teneur des lettres. En fait, ce qu’on écrit en plusieurs messages aujourd’hui (par textos, messagerie…), tenait dans une lettre. On racontait aussi le moindre évènement intéressant ou non qui pouvait se passer dans nos vies. Les moyens de communication font juste qu’on écrit plus souvent mais plus court.

Je continue donc ce défi cette année et je travaille aussi avec un site d’envoi de cartes. Merci facteur vous permet d’acheter des cartes postales, d’écrire un texte et ils impriment et envoient le tout. Les tarifs sont vraiment attractifs et le site est très facile d’utilisation. Vous retrouvez mes cartes sur ma boutique merci facteur. Et je touche une commission à chaque carte vendue. Je trouve que c’est un bon compromis entre carte physique et service numérique.

 

 

Guêtres de pollen et autres noms indiens

Projet de diplôme.

J’ai réalisé ce livre, Guêtres de pollen et autres noms indiens, pour mon diplôme à l’école Émile Cohl, avec deux autres projets. J’en parlerai dans un article sur ma formation professionnelle. Je voulais traiter des illustrations par la technique de céramique le sgraffite, mais je n’arrivais pas à trouver le sujet qui irait avec. J’ai donc cherché des histoires parmi les peuples qui utilisaient cette technique à l’origine : les grecs, les romains, et les amérindiens.

Les textes : des noms indiens.

J’ai trouvé le livre Partition Rouge de Florence Delay et Jacques Roubaud, qui traitait des poèmes et chants des Indiens d’Amérique du Nord. Un des chapitres concerne les Poèmes noms, racontés par Samuel Makidemewabe, Swampy Cree du Canada  et historien de la tribu : “Pour les Crees les histoires sont des êtres vivants […] Tout être vivant est aussi une histoire, le nom est là qui en témoigne. ”

Chaque nom raconte effectivement une histoire, aussi passionnante qu’un conte. De la même façon les histoires de nos ancêtres sont inscrits dans leurs noms de famille. J’ai donc fait une sélection de certains prénoms rapportés par Samuel Makidemewabe et je les ai illustrés.

Des sgraffites comme illustrations.

J’ai choisi d’illustrer ces prénoms selon une technique de céramique utilisée entre autres par les amérindiens, le sgraffite. Les sgraffites étaient réalisés pour orner des pièces de céramiques utilitaires mais aussi des objets sacrés. Vous pouvez découvrir certains de mes sgraffites sur la page céramique.

En céramique, la technique du sgraffite est utilisée partout dans le monde, soit pour elle-même, soit pour décorer. Elle consiste à appliquer une engobe d’une couleur différente de la terre, puis à la gratter selon le motif désiré. Ainsi, la couleur de la terre apparaît à travers l’engobe.

Pour les illustrations,  j’ai produit des plaques de terre blanche sur lesquelles j’ai mis de l’engobe noire. Une fois la terre sèche, j’ai gratté pour faire apparaître la terre blanche. J’ai fait cuire les plaques, je les ai prises en photographie, puis j’ai ajouté la couleur sur ordinateur.

 

 

La mise en page.

Une fois toutes les illustrations réalisées, j’ai mis en page le livre. J’ai repris la couleur dominante de chaque image comme arrière plan du texte. Et j’ai aussi réalisé en sgraffite chaque animal dont il est question dans l’histoire. Ces sortes de cartouches sont placées sous le texte.

Au final, il y a un texte, un animal-totem et une image pour chaque nom. Trois manières de représenter une histoire, une personne.

 

sgraffites Les dix pages du livre, l'écriture à gauche, l'illustration à droite.

 

 

5 expositions en 2018

En 2018 j’ai pas mal voyagé en France. Et j’ai essayé le plus possible de voir des expositions ou de découvrir des musées. J’ai même commencé un cahier où je note des commentaires sur ce que j’ai vu. C’est devenu une source d’inspiration dans laquelle je me plonge régulièrement. Je voudrais partager avec vous mes 5 expositions préférées de 2018.

 

Najia Mehadji, La trace et le souffle, Céret.

J’ai eu l’occasion cet été d’accompagner un groupe de jeunes d’un stage d’arts-plastiques voir cette exposition au musée d’art moderne de Céret. Ça a été pour moi, ma découverte de 2018. J’ai acheté toutes les cartes postales, magnets et documentations à la boutique du musée. Mais j’aimerais bien un jour acheter une des ses œuvres.

Tout est visible dans ses tableaux : le support, le médium, le mouvement à travers le geste libre et maîtrisé, et le temps inhérent à la lenteur de sa réflexion et la rapidité de l’exécution. Ses inspirations sont multiples : la danse, le soufisme, la culture orientale et occidentale, l’actualité, le monde végétal, la philosophie. Il faut se confronter à ses tableaux, pour s’y perdre parfois, entre figuration et abstraction.

Non pas dans l’opposition, mais bien dans la dualité, elle manie la couleur, le fond avec la forme, la trace, le temps, l’aplat avec le geste. Ses œuvres montrent tout, de manière simple et épurée. Il y a peu d’autre choses à dire sur cette artiste, il n’y a qu’à contempler.

Elle travaille entre ses ateliers de Paris et Essaouira, et réalise de nombreuses expositions en France et au Maroc. Sinon vous pouvez parcourir son site : www.najiamehadji.com

 

P.Chappert-Gaujal, Last Call, Narbonne.

Une réussite pour la dernière exposition de l’Aspirateur de Narbonne. L’artiste, adepte de la récupération et de la réappropriation d’objets, a utilisé les dernières cabines téléphoniques d’Orange. Il a travaillé avec 45 cabines, disséminées dans la ville, versions urbaines des phares. À ces lanternes in situ, s’ajoute une exposition à l’Aspirateur. On a pu y voir de nombreuses œuvres, peintures et sculptures.

P. Chappert-Gaujal récupère, ramasse toutes sortes d’objets, les “laisses de mers”, du bois, des objets en plastique, en métal, en papier… Puis il les assemble, les colle, les coupe, les peints, afin de créer de nouvelles œuvres. Dans un premier temps, nous percevons une peinture, une sculpture ou un dessin. Cette œuvre résonne en nous, titille notre mémoire et nous fait s’approcher. Là une deuxième lecture s’opère, en fonction des objets utilisés.

L’abstraction n’est pas neutre, elle fait appel à des souvenirs oubliés. La série des Toys et inventions, fait référence à cette multitude de petits jouets sans importance, disparus au fond de notre mémoire. De même, en s’appropriant des cartes marines, il ne fait que nous questionner sur la limite entre figuration et abstraction. Si la carte ne représente aucun monde connu, est-elle figurative ou abstraite ?

Ici aussi des œuvres à voir de près pour en apprécier les multiples lectures. P. Chappert-Gaujal vit et travaille à La Franquis et Fitou. Vous pouvez retrouver son travail ainsi que ses expositions sur son site : chappert-gaujal.com

 

Expositions d’Ghada Amer et d’Olivier Debré, CCCOD de Tours.

J’ai pu voir en juin les expositions du CCCOD de Tours, présentant des œuvres de Ghada Amer et d’Olivier Debré (qui a donné son nom au centre en 2015). C’est la deuxième fois que j’y vais, et le personnel est extrêmement bienveillant envers les visiteurs, ce qui est très agréable. Ce centre de création contemporaine, et ses nouveaux locaux, offre aux artistes de beaux espaces d’exposition.

Ghada Amer travaille plusieurs supports, l’installation, le tissage/peinture et depuis récemment, la sculpture. Dans la nef du centre elle a réalisé une installation, Cactus painting, composée de 15000 plantes, cactus et plantes grasses, qui formaient une immense peinture-tapis. Elle questionne ainsi une histoire de l’art de tradition masculine à travers l’art floral.

Dark continent est constitué de toiles brodées et peintes. L’envers de la broderie est montré, ce qui de loin brouille les messages ou figures représentés. En s’approchant, les visuels abstraits deviennent des messages ou des femmes (imagerie souvent issue du porno). Cette artiste questionne sans cesse la place de la femme dans la société, à travers des arts dits mineurs et la notion de beau. Il y a là aussi plusieurs lectures à effectuer.

J’ai découvert pour la première fois les Nymphéas d’Olivier Debré, les plus grandes huiles sur toiles produites par l’artiste. C’est une vraie expérience sensorielle, car on est totalement dominé par ces grandes toiles abstraites. Il alterne transparence des grands fonds, avec des traces en épaisseur. Le film le montrant en pleine création dans son atelier est très intéressant, la création sur de si grands formats s’apparente à de la danse.

 

La biennale d’art contemporain, Les mondes flottants, Lyon.

Pendant mes études à Lyon, j’ai pris l’habitude d’aller voir la biennale d’art contemporain . Cette manifestation en alternance une année sur deux avec celle de la danse, est une occasion unique de voir de nombreuses œuvres d’art contemporain ailleurs qu’à Paris. Très bien organisée, elle permet de belles découvertes.

Cette année, le thème Les mondes flottants a offert des œuvres plus positives, apaisantes, au contraire d’autres biennales, peut-être grâce à la couleur blanche qui dominait et à l’état d’apesanteur. Dans ce petit film de présentation on peut notamment apercevoir :

  • Bataille, Rivane Neuenshwander et ses étiquettes slogan
  • Les boîtes de Marcel Duchamp, une première pour moi
  • Des œuvres de Jean Arp, Calder, Hans Richter, Ernesto Neto, Fontana
  • Wild White Flow, Hans Haacke, un tissus de sioe flottant et visible depuis plusieurs points de vues
  • Float, Robert Breer, sortes de cônes blancs se déplaçant furtivement dans la pièce
  • Cloud Canyons, David Medalla, une machine à bulles
  • Forever Immigrant, Marco Godinho, un tampon multiplié sur les murs donnant naissance à une vague
  • Le Dôme, que je n’ai malheureusement pas pu voir.

 

Le musée des tissus et des arts décoratifs, Lyon.

Et maintenant la dernière des 5 expositions qui m’ont marqué en 2018, Compositions dévoilées au musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon. Ce musée couplé au musée des arts décoratifs (qui ne se visite désormais que sous réservation) a été proche de la fermeture par manque de moyens. Et pourtant, le musée des tissus a de belles collections autant permanentes que temporaires.

Je n’avais jamais visité ces deux musées, et j’ai profité d’un passage à Lyon pour palier ce manque. Le musée des arts décoratifs aurait besoin d’un vrai réaménagement, une scénographie avec un parcours nous entraînant de salles en salles. Ici, ce n’est qu’une demeure meublée assez vieille, peu éclairée et dont il est difficile de voir les explications. Ce musée a un grand potentiel si il était mis en scène, et pourquoi pas avec des costumes issus du musée des tissus.

Celui-ci est au contraire de son voisin, très bien mis en scène. De très belles pièces sont exposées et les explications sont claires. Tout est intéressant et plaisant pour les yeux. On peut même y fêter son anniversaire, en costume d’époque pour les enfants. Si vous passez dans le coin, profitez-en pour visiter le musée, ou à défaut la magnifique boutique, qui vaut le détour à elle toute seule.