5 expositions en 2018

5 expositions en 2018, article de blog de l'artiste M.Broca

Ma rétrospective 2018 des expositions

En 2018 j’ai pas mal voyagé en France. Et j’ai essayé le plus possible de voir des expositions ou de découvrir des musées. J’ai même commencé un cahier où je note des commentaires sur ce que j’ai vu. C’est devenu une source d’inspiration dans laquelle je me plonge régulièrement. Je voudrais partager avec vous mes 5 expositions préférées de 2018.

 

 

Najia Mehadji, La trace et le souffle, Céret.

J’ai eu l’occasion cet été d’accompagner un groupe de jeunes d’un stage d’arts-plastiques voir cette exposition au musée d’art moderne de Céret. Ça a été pour moi, ma découverte de 2018. J’ai acheté toutes les cartes postales, magnets et documentations à la boutique du musée. Mais j’aimerais bien un jour acheter une des ses œuvres.

Tout est visible dans ses tableaux : le support, le médium, le mouvement à travers le geste libre et maîtrisé, et le temps inhérent à la lenteur de sa réflexion et la rapidité de l’exécution. Ses inspirations sont multiples : la danse, le soufisme, la culture orientale et occidentale, l’actualité, le monde végétal, la philosophie. Il faut se confronter à ses tableaux, pour s’y perdre parfois, entre figuration et abstraction.

Non pas dans l’opposition, mais bien dans la dualité, elle manie la couleur, le fond avec la forme, la trace, le temps, l’aplat avec le geste. Ses œuvres montrent tout, de manière simple et épurée. Il y a peu d’autre choses à dire sur cette artiste, il n’y a qu’à contempler.

Elle travaille entre ses ateliers de Paris et Essaouira, et réalise de nombreuses expositions en France et au Maroc. Sinon vous pouvez parcourir son site : www.najiamehadji.com

 

P.Chappert-Gaujal, Last Call, Narbonne.

Une réussite pour la dernière exposition de l’Aspirateur de Narbonne. L’artiste, adepte de la récupération et de la réappropriation d’objets, a utilisé les dernières cabines téléphoniques d’Orange. Il a travaillé avec 45 cabines, disséminées dans la ville, versions urbaines des phares. À ces lanternes in situ, s’ajoute une exposition à l’Aspirateur. On a pu y voir de nombreuses œuvres, peintures et sculptures.

P. Chappert-Gaujal récupère, ramasse toutes sortes d’objets, les “laisses de mers”, du bois, des objets en plastique, en métal, en papier… Puis il les assemble, les colle, les coupe, les peints, afin de créer de nouvelles œuvres. Dans un premier temps, nous percevons une peinture, une sculpture ou un dessin. Cette œuvre résonne en nous, titille notre mémoire et nous fait s’approcher. Là une deuxième lecture s’opère, en fonction des objets utilisés.

L’abstraction n’est pas neutre, elle fait appel à des souvenirs oubliés. La série des Toys et inventions, fait référence à cette multitude de petits jouets sans importance, disparus au fond de notre mémoire. De même, en s’appropriant des cartes marines, il ne fait que nous questionner sur la limite entre figuration et abstraction. Si la carte ne représente aucun monde connu, est-elle figurative ou abstraite ?

Ici aussi des œuvres à voir de près pour en apprécier les multiples lectures. P. Chappert-Gaujal vit et travaille à La Franquis et Fitou. Vous pouvez retrouver son travail ainsi que ses expositions sur son site : chappert-gaujal.com

 

Expositions d’Ghada Amer et d’Olivier Debré, CCCOD de Tours.

J’ai pu voir en juin les expositions du CCCOD de Tours, présentant des œuvres de Ghada Amer et d’Olivier Debré (qui a donné son nom au centre en 2015). C’est la deuxième fois que j’y vais, et le personnel est extrêmement bienveillant envers les visiteurs, ce qui est très agréable. Ce centre de création contemporaine, et ses nouveaux locaux, offre aux artistes de beaux espaces d’exposition.

Ghada Amer travaille plusieurs supports, l’installation, le tissage/peinture et depuis récemment, la sculpture. Dans la nef du centre elle a réalisé une installation, Cactus painting, composée de 15000 plantes, cactus et plantes grasses, qui formaient une immense peinture-tapis. Elle questionne ainsi une histoire de l’art de tradition masculine à travers l’art floral.

Dark continent est constitué de toiles brodées et peintes. L’envers de la broderie est montré, ce qui de loin brouille les messages ou figures représentés. En s’approchant, les visuels abstraits deviennent des messages ou des femmes (imagerie souvent issue du porno). Cette artiste questionne sans cesse la place de la femme dans la société, à travers des arts dits mineurs et la notion de beau. Il y a là aussi plusieurs lectures à effectuer.

J’ai découvert pour la première fois les Nymphéas d’Olivier Debré, les plus grandes huiles sur toiles produites par l’artiste. C’est une vraie expérience sensorielle, car on est totalement dominé par ces grandes toiles abstraites. Il alterne transparence des grands fonds, avec des traces en épaisseur. Le film le montrant en pleine création dans son atelier est très intéressant, la création sur de si grands formats s’apparente à de la danse.

 

La biennale d’art contemporain, Les mondes flottants, Lyon.

Pendant mes études à Lyon, j’ai pris l’habitude d’aller voir la biennale d’art contemporain . Cette manifestation en alternance une année sur deux avec celle de la danse, est une occasion unique de voir de nombreuses œuvres d’art contemporain ailleurs qu’à Paris. Très bien organisée, elle permet de belles découvertes.

Cette année, le thème Les mondes flottants a offert des œuvres plus positives, apaisantes, au contraire d’autres biennales, peut-être grâce à la couleur blanche qui dominait et à l’état d’apesanteur. Dans ce petit film de présentation on peut notamment apercevoir :

  • Bataille, Rivane Neuenshwander et ses étiquettes slogan
  • Les boîtes de Marcel Duchamp, une première pour moi
  • Des œuvres de Jean Arp, Calder, Hans Richter, Ernesto Neto, Fontana
  • Wild White Flow, Hans Haacke, un tissus de sioe flottant et visible depuis plusieurs points de vues
  • Float, Robert Breer, sortes de cônes blancs se déplaçant furtivement dans la pièce
  • Cloud Canyons, David Medalla, une machine à bulles
  • Forever Immigrant, Marco Godinho, un tampon multiplié sur les murs donnant naissance à une vague
  • Le Dôme, que je n’ai malheureusement pas pu voir.

 

Le musée des tissus et des arts décoratifs, Lyon.

Et maintenant la dernière des 5 expositions qui m’ont marqué en 2018, Compositions dévoilées au musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon. Ce musée couplé au musée des arts décoratifs (qui ne se visite désormais que sous réservation) a été proche de la fermeture par manque de moyens. Et pourtant, le musée des tissus a de belles collections autant permanentes que temporaires.

Je n’avais jamais visité ces deux musées, et j’ai profité d’un passage à Lyon pour palier ce manque. Le musée des arts décoratifs aurait besoin d’un vrai réaménagement, une scénographie avec un parcours nous entraînant de salles en salles. Ici, ce n’est qu’une demeure meublée assez vieille, peu éclairée et dont il est difficile de voir les explications. Ce musée a un grand potentiel si il était mis en scène, et pourquoi pas avec des costumes issus du musée des tissus.

Celui-ci est au contraire de son voisin, très bien mis en scène. De très belles pièces sont exposées et les explications sont claires. Tout est intéressant et plaisant pour les yeux. On peut même y fêter son anniversaire, en costume d’époque pour les enfants. Si vous passez dans le coin, profitez-en pour visiter le musée, ou à défaut la magnifique boutique, qui vaut le détour à elle toute seule.

 

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