Croquis sur le vif : les concerts.

J’ai souvent un carnet de croquis avec moi, mais surtout quand j’assiste à des concerts, en voici la raison.

Dessiner sur le vif c’est ce qui fait progresser. J’ai eu un professeur qui nous a demandé de remplir un carnet de croquis en deux mois. Sur le moment je l’ai maudit, mais c’est un très bon exercice. Il faut tout le temps dessiner ce qui nous entoure pour comprendre et réinterpréter par la suite. Pour toutes les choses inanimées, c’est facile, ça ne bouge pas. Par contre, les êtres vivants ont comme un sixième sens qui les prévient que quelqu’un les observe. C’est en rapport avec un instinct animal, celui de la proie. Ce qui fait qu’à chaque fois qu’on dessine quelqu’un d’immobile, il le sent et va se tourner et enfin, nous regarder.

Il reste plusieurs solutions pour s’entraîner, comme demander à des amis de rester tranquille tandis qu’on les dessine. Ils ne posent pas vraiment, mais ils sont consentants. Une autre situation où dessiner sur le vif, c’est notamment lors de concerts. Bon les musiciens bougent, voire dansent avec leur instrument, mais aucun ne s’arrêtera brusquement pour te regarder. Et ils n’ont pas cinquante positions différentes. Enfin c’est agréable de dessiner en musique.

Mon expérience des concerts.

J’ai encadré des stages de musique classique pendant plusieurs années, et ainsi j’ai pu remplir des carnets entiers. Lors des concerts, les morceaux joués duraient entre une et dix minutes. Cela me permettait de saisir une position, un geste, ou de prendre le temps de détailler les musiciens. J’ai pu aussi dessiner des compositions lors des morceaux de musique de chambre. Il n’y a que l’orchestre qui était trop compliqué à dessiner entièrement. À ce moment là, j’écoutais avec ravissement l’accord de tous ces jeunes musiciens réunis par un même morceau.

Les inconvénients (il y en a toujours) sont l’angle de vue, les instruments, et la distraction du public. Effectivement il est difficile au milieu d’un concert de changer de place. Ainsi, il faut choisir sa place avec attention, ni trop près ni trop loin, sur le côté, de face … Les instruments, et notamment les pupitres cachent les musiciens. Par exemple, les flûtes traversières rendent peu esthétiques les lèvres. Pour les pupitres, c’est un choix de les représenter ou d’imaginer ce qu’il y a derrière. Et évidemment, on a des voisins, qui par moment, vont observer ce que vous faites, voire même vont vous parler ! À vous de faire comprendre que vous écoutez le concert et en conséquence, que vous parlerez à la fin.

Pour finir, voici quelques croquis sur le vif, réalisés lors de concerts du stage de musique du conservatoire de Perpignan, à la Fondation Krüger.