Nus : de la note au plaisir de dessiner.

Pendant mes études, j’ai appris à dessiner des nus de manière académique. À l’aide d’une aiguille à tricoter, nous prenions des mesures, pour ensuite les reporter sur nos feuilles. Là nous tracions un cadre dans lequel le modèle devait rentrer. Nous faisions de même pour chaque partie du corps. Une fois tous ces rectangles placés, nous pouvions commencer à dessiner les nus. Cela a formé mon œil et ma main de manière sûre.

Nous avons aussi appris à dessiner des croquis en 10min, 5min, 1min, 30s, ou 10s. Cela permet de ne garder que l’essentiel, mais aussi d’accélérer dans sa manière de dessiner. Évidemment chaque dessin était noté, ce qui ajoutait une pression au fait de dessiner des nus, déjà difficile en soi.

Les professeurs nous disaient d’en profiter, que nous n’aurions plus l’occasion d’en dessiner à moins de prendre des cours. Mais lorsque tout est sujet à des notes, des commentaires, et par là même, à la compétition, où est le plaisir ? Ce qui fait qu’après mes études, j’ai arrêté pendant un temps de dessiner des modèles vivants.

Une pause nécessaire puisque maintenant je reprends des cours de modèle vivant et je me régale. 10 minutes de pose, la liberté de faire ce que je veux, sans cadre. Juste du dessin, une bonne ambiance, des professeurs bienveillants et des modèles professionnels et accessibles.

En 10 minutes je fais le dessin et le placement des ombres. Plus tard chez moi je retravaille des croquis à l’aquarelle, la gouache ou les crayons de couleurs. Je travaille aussi sur un projet de monotypes, et de peinture en me servant des croquis réalisés.

Dessins réalisés à l’école d’arts plastique du grand Narbonne, lors de cours dispensés par Annie Segarra puis par Henry Lacotte. Merci aux modèles, Céline, Pascal, Annette, et Pascal.