Le matériel nécessaire pour réaliser un carnet de voyage en 10 points

 

Le matériel, un choix complexe

Faire un carnet de voyage, c’est un vrai travail. J’en ai réalisé un récemment et ça a été très instructif. Au fur et à mesure de sa réalisation, j’ai constaté mes progrès dans mes dessins, ou pour la mise en page. Avant de partir, s’est posée la question du matériel. Que prendre, qu’est-ce qui me servira ou restera dans ma valise ?

Je vous livre ici mes choix, avec la réflexion et l’expérience. Vous pouvez vous en inspirer, ou non, chacun a des besoins différents pour le dessin. Par exemple je ne parle pas du tout de dessins numériques, mais avec l’Ipad pro, pourquoi pas un carnet numérique…

Je n’ai pas de lien d’affiliation avec des marques. Je vous présente ce que j’ai comme matériel, libre à vous d’acheter ou non chez les mêmes fournisseurs. Je préfère aller dans des magasins, mais par exemple à Narbonne il n’y a pas de magasin d’art (à part Cultura). J’achète donc mon matériel par correspondance au Géant des Beaux arts.

 

1. Le carnet

Le carnet, élément indispensable. En effet, sur quoi dessiner ? Quel format : A5, A4, carré, portrait, paysage ? Carnet à spirales, broché ou en accordéon ? Quel grammage, et quelle couleur ? Le choix dépend de plusieurs critères, et en premier votre goût.

Personnellement j’ai des carnets à spirales pour des carnets de croquis, dont un avec un papier pour aquarelles. Mais pour mon carnet de voyage j’en ai choisi un avec une reliure cousue. Il a 20 feuilles (donc 40 pages) ce qui est confortable pour un petit voyage. Comme j’ai visité pleins de villes, j’aurais pu remplir quelques pages en plus, mais ça mis une limite aussi.

Pour le format je préfère m’approcher du A5. Ça reste transportable, léger, et avec la possibilité de faire des dessins pleines pages, et même double page. Comme j’aime travailler avec des techniques humides (aquarelle, gouache) je prends toujours un papier un peu épais. Le minimum c’est 120g.

J’ai donc acheté les carnets de voyage moulin du coq. Dans la tradition des carnets d’artistes, le papier est très agréable pour dessiner. Il n’est pas transparent, donc on profite pleinement de tout le papier pour dessiner sans mauvaise surprise. Par contre le papier boit très rapidement l’eau et la couleur se fixe immédiatement.

En fouillant dans mes anciens carnets, j’ai réalisé que j’en avais déjà utilisé de la même marque. J’ai donc trouvé ce qui me convenait et je ne changerai plus pour ce genre de dessin.

 

2. Les crayons

Crayons gris, mine graphite, critérium, à vous de voir ce que vous comptez faire. Dans mon carnet je n’ai pas de dessin au crayon. J’avais juste un critérium pour noter des informations et des croquis avec des les encrer définitivement.

Par contre, si vous voulez garder des dessins au crayon, prenez différentes duretés pour avoir de belles ombres : un HB, et au moins un 4B ou 6B. Après, ce n’est pas forcement la peine d’en avoir une dizaine. Avec deux ou trois, vous aurez de bons dessins. Pensez au fixatif (une bombe de laque à cheveux) ou au moins à un papier pour protéger la feuille qui fait face. Et bien sur de quoi tailler vos crayons.

Pour la couleur, crayons de couleurs aquarellables ou non à vous de voir. C’est aussi une question de goût, de marque. Certains aiment les Faber castell, moi je préfère les Caran d’Ache. J’aime bien les crayons aquarellables qui me permettent d’ajouter de l’eau si besoin.

Sinon en crayons abordables et très résistants aux chocs, il y a les Staedtler. Ils ont de belles couleurs et une mine renforcée. Je les utilise pour travailler avec les enfants et les mines ne se cassent pas quand les crayons tombent par terre, contrairement à d’autres marques.

 

3. Les feutres

J’ai découvert récemment la gamme uniPIN pour dessiner ou écrire (sketchnoting par exemple). J’avais déjà le feutre noir uni MYT7, pour dessiner. Maintenant j’ai aussi les uni pin gris clair, foncé et marron (en deux tailles), le noir en 0.3 et mon préféré le uni brush.Les encres sont résistantes à l’eau. On peut donc peindre par dessus sans perdre le dessin.

Ils sont très agréables pour dessiner et écrire. En plus les différentes couleurs m’ont permis de faire des hiérarchies entre les informations écrites. Par exemple, toutes les légendes sont en gris clair. En plus, j’ai pu atténuer l’effet contour noir dans mes dessins.

J’avais aussi emporté des feutres Caran d’Ache aquarellables, mais je les ai très peu utilisés. Je n’ai pas aimé le rendu, ça n’était pas harmonieux avec le reste. Mais encore une fois, c’est une question de sensibilité personnelle et de façon de travailler.

 

4. L’eau

Pour les techniques humides, soit vous transportez un gobelet et de l’eau pour peindre en direct, soit vous le faites chez vous. Pour ce carnet j’ai fait le choix de retravailler mes dessins le soir, et donc d’ajouter la couleur à ce moment là. D’une part j’ai allégé mon sac, d’autre part, j’ai eu le temps de plus découvrir en journée.

Une amie illustratrice m’a donnée une astuce pour transporter des liquides (eau, encres colorées…) : les flacons de gouttes pour les yeux. J’en ai acheté des vides que je peux remplir tant que je veux. Comme ça j’ai toujours une réserve d’eau dans ma trousse. Je peux déposer une goutte d’eau sur un coin du papier ou directement dans la peinture, c’est très pratique.

 

5. Les pinceaux

Si vous voulez peindre dans votre carnet, prenez vos pinceaux habituels. Certains utilisent des pinceaux à réservoirs d’eau. C’est pratique pour aquareller un croquis. Mais j’ai du mal avec les poils plastiques. Je préfère avoir de vrais pinceaux et de l’eau.

J’utilise les pinceaux I love Art du Géant des Beaux Arts. Ils sont assez souples pour l’aquarelle et assez résistant pour les trimballer dans une trousse. J’ai quelques pinceaux synthétiques et un martre dans un étui plastique. En général je ne prends pas des pinceaux neuf, comme ça si ils souffrent du transport, c’est moins grave. N’oubliez pas de bien les nettoyer une fois revenus chez vous.

6. La peinture

J’avais ma boite d’aquarelle qui est assez complète. Mais à la suite d’une après midi à Brest, sans halte, j’ai décidé d’ajouter la couleur le soir. La boîte est assez lourde et j’ai préféré prendre les crayons de couleur avec moi.  Je me pose la question pour une prochaine fois d’acheter une petite boite d’aquarelle plus légère à transporter.

J’aime la gouache, mais l’emmener en promenade est assez compliqué. J’avais une palette en plastique avec couvercle et j’ai décidé d’y mettre des couleurs de gouache. J’ai pu nuancer mes dessins avec des couleurs plus opaques que l’aquarelle. Mais le papier de mon carnet n’est pas fait pour en profiter pleinement. Donc je n’en prendrais peut être pas une prochaine fois.

 

7. Le sac et la trousse

Les contenants sont de grande importance. Je conseille un sac à dos pour porter le matériel (et en général, car c’est meilleur pour le dos). Certains préfèrent les sacoches sur le côté pour attraper plus facilement leur matériel. Mais au bout d’un moment, le poids ne pèse que sur une épaule et vous souffrez.

Au cour de mon voyage j’ai trouvé un sac à dos super dans une boutique de Concarneau. Le tissus est déperlant (pour l’instant rien n’a été mouillé). Le détail supplémentaire, c’est une grande poche sur le côté dans laquelle rentre un carnet A5 et du matériel supplémentaire. La poche rentre dans le sac à dos, donc si il pleut le carnet est vraiment au centre du sac et ne craint rien. L’accès sur le côté permet de l’attraper sans ouvrir tout le sac. C’est très pratique.

Sinon j’ai des trousses pour les stylos, crayons, pinceaux et autres. Je préfère une trousse pour chaque technique : crayons de couleurs, feutres… Comme ça je peux en choisir d’en emporter une et pas le reste. Et c’est plus facile pour trouver son matériel. Je mets mes pinceaux dans une trousse que je laisse à la verticale dans mon sac. Mais il existe des trousses pour pinceaux pour ne pas les abimer. Si vous savez coudre vous pouvez même ne réaliser.

 

8. L’appareil photo

En général je n’en n’ai pas. Je trouve que tout le monde prend des photographies et ne regarde plus directement ce qu’il se passe. C’est aussi du poids supplémentaire. Mais là exceptionnellement j’en ai pris un. Parce que je voulais bien faire mon carnet. En plus dans les musées j’en ai profité pour avoir des références (j’ai beaucoup de mal avec les noms).

Attention, ce sont des photographies aide mémoire. Donc pas cadrées, un peu floues, et avec mes doigts dessus parfois. En général, quand je dessine et que je garde la mise en couleur pour plus tard, je prends une photo avec mon vieux téléphone. Je n’ai qu’un aperçu de l’ambiance colorée et ça me suffit. C’est un peu ce que j’ai fait avec mon appareil photo.

Disons que je préfère prendre le temps de dessiner un paysage ou un tableau ou une situation que je vois, plutôt que d’en faire une photo qui restera dans mon ordinateur. On en revient au problème du temps. Il en faut pour réaliser un carnet de voyage. Donc à vous de voir si vous voulez tout dessiner en direct, ou revenir sur votre carnet à l’aide de vos photographies.

 

9. Les vêtements

La météo est très importante si vous dessinez en extérieur. Pendant mes deux semaines de voyage j’ai eu des temps très variés : pluie, vent, grêle, soleil. Heureusement j’avais une grande valise. Il faut l’anticiper parce que si vous dessinez dehors, vous restez sans bouger un certain temps. Donc dans le froid, la pluie, avec des trucs qui volent dans vos yeux ou en risquant l’insolation. Et comme vous êtes concentrés dans vos dessin, souvent vous ne vous rendez compte de rien.

Déjà vous devez avoir un sac qui ne craint pas la pluie. Vous pouvez ajouter un imperméable de sac (je prends celui de mon sac à dos de randonnée). À défaut, un sac en plastique protègera vos affaires.

Ensuite en cas de froid : une veste plus chaude, écharpe, bonnet, mitaines (très pratique). Des lunettes (solaires ou de vue) pour vous protéger du vent. Cela implique un choix entre voir les couleurs ou avoir des trucs dans les yeux et ne plus rien voir du tout. Et pour le soleil, casquette, crème solaire, lunettes…

À Concarneau, j’ai eu de la pluie, du vent et du soleil. Le soir j’avais pris des couleurs d’avoir dessiné face à la mer entre deux averses. C’est le seul moment où je me suis fait surprendre par le temps. Sinon, j’avais bien anticipé ces problèmes.

 

10. Les chaussures

Si vous marchez toute la journée il vous faut de bonnes chaussures. J’avais des petites baskets sans soutien et j’ai vraiment souffert. Entre la marche et le piétinage dans les musées par exemple, vos pieds souffrent. On voit de plus en plus de touristes en ville qui ont des chaussures de marche et je les comprend. Une prochaine fois j’en aurai, surtout que des magasins comme Décathlon en vendent pour pas cher.

 

 

En conclusion

Voilà, en résumé le matériel dont j’ai eu besoin pour réaliser mon carnet de voyage. C’était dans un cadre bien précis, mais pour un carnet de croquis en extérieur cela convient aussi. La plus grande difficulté c’est de ne pas trop se charger. Le mieux étant de tester pour découvrir ce qui vous convient le mieux. Car chaque artiste utilise un matériel convenant à ses gouts et à sa pratique. Avez-vous trouvé le votre ?

 

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