Une formation de qualité en art ? C’est possible !

 

La formation en art, vaste programme !

Les études d’art (et le monde de l’art) véhiculent beaucoup d’idées toutes faites :

  • Ce n’est pas du travail, c’est du plaisir !
  • L’art contemporain, mon gamin de 3 ans peut faire mieux
  • Les beaux-arts c’est des usines à chômeurs
  • Tu arrives à en vivre ?
  • Les étudiants en art trouvent l’inspiration dans la boisson et la fumette

Bon, soyons clairs, les formations avec chômage zéro, c’est électricien, plombier, serveur et aide à la personne. On a besoin de médecins, mais il n’y a pas assez de place en formation, pour les profs c’est pareil. Quant à l’économie ou l’ingénierie, il faut parfois vivre avec certaines valeurs et des rythmes de vie qui en font décrocher certains.

Bref, le métier parfait n’existe pas ! En plus le monde est en pleine mutation : sur nos 40 ans de carrière, certains métiers disparaitront et d’autres seront créés. Si on commence dès le collège à parler d’orientation en axant sur le fait de trouver ou non du boulot, ça crée juste de l’angoisse et de mauvaises décisions.

Pour l’instant je vais vous présenter mon parcours scolaire. J’ai eu la chance de pouvoir faire des études longues et dans le domaine désiré. Et tout ce que j’ai pu apprendre me sert aujourd’hui dans mon travail (illustration, graphisme, formation, réalisations d’œuvres picturales et en céramique). N’hésitez pas à me contacter pour en profiter.

Étude documentaire de deux poires.

 

Le bac option arts-plastiques, à Aix-en-Provence

 

Travail sur le paysage.

J’ai eu la possibilité de faire un bac littéraire option lourde arts plastiques avec de très bons professeurs. J’étais au lycée Cézanne à Aix en Provence. J’avais 3h de cours d’arts plastiques en seconde, puis 5h première et terminale. (En me renseignant pour cet article, j’ai vu qu’il y avait plus d’heures en seconde). L’enseignement se partage entre théorie et pratique. J’ai aussi pris l’option facultative arts-plastiques pour gagner des points au bac.

Le côté frustrant à cette époque (je crois que c’est toujours le cas), c’était d’être en littéraire si on faisait arts. J’ai adoré la littérature, mais sans cette option j’aurais fait scientifique, parce que j’adorais les mathématiques. En fait j’aurais aimé un bac plus généraliste. Depuis j’ai rencontré d’autres personnes qui ont ressenti ça comme une injustice, d’autant plus que certaines formations artistiques demandent des sciences (l’architecture par exemple).

Le grand intérêt au lycée d’avoir une option artistique, c’est que ça vous motive et ça vous ouvre l’esprit. Vous sortez des enseignements obligatoires que tout le monde a. Venir au lycée quand vous savez qu’il y a une matière que vous aimez, ça aide. Cela permet aussi de rencontrer des personnes différentes, liés par le même intérêt.

Personnellement cela m’a permis d’affirmer ma volonté de continuer dans les études d’art. Beaucoup d’étudiants n’ont pas la chance de connaître les études dans lesquelles ils s’engagent (la sociologie par exemple).

 

 

La licence d’arts-plastiques, à l’université de Provence

J’ai retrouvé les enseignements que j’avais suivi au lycée, de façon beaucoup plus poussé. C’est une licence assez dense avec de nombreuses matières réparties entre pratique et théorie. Je l’ai passée à l’université de Provence à Aix en Provence.

 

Modèle vivant, sujet de réflexion sur l’objet détourné et sujet sur la mère nourricière.

 

Pour la pratique, vous avez des sujets, auxquels  vous réfléchissez pendant des jours, puis vous le réalisez. Mais en parallèle il y a d’autres cours et d’autres sujets. Donc vous êtes en permanence en train de réfléchir et de créer.

Pour la théorie, vous avez des cours et tout ce que vous pouvez apprendre par vous même. Quand pour chaque cours vous avez une page A4 de livres à lire, c’est pareil, vous n’avez jamais fini. Et en vérité personne ne lit tous les livres.

Ce que j’ai aimé c’était d’avoir à faire à des professeurs variés avec différentes approches. L’université française est réputée dans le monde pour former à la réflexion et c’est vrai. J’ai étudié l’histoire de l’art, mais aussi l’esthétique, la sociologie, la psychologie, et la théorie de l’image. En pratique, j’avais quelques cours de dessin, peinture, photo, et autre pratiques. Mais majoritairement c’était des cours avec des sujets, et de la pratique personnelle.

J’ai appris à exprimer mes idées à l’écrit et à l’oral, et à défendre mon projet. J’ai géré mon autonomie pour le travail, même si en arts-plastiques on a beaucoup de contrôle continu avec la pratique.

Le point négatif, c’était l’emploi du temps éclaté à cause du grand nombre d’inscriptions. Ainsi, j’ai eu pendant certains semestres des semaines avec cours tous les jours (y compris le samedi), dont certains de 8h à 10h le matin et de 18h à 20h le soir.

Sans parler de deux semestres perturbés par les grèves (les fameux contrats CPE CNE) avec occupation et fermeture de la fac. Puis rattrapage des cours sur les mois de vacances et partiels pendant les horaires de cours.

 

Travail de dessin autour du crâne animal et humain.

 

Changement de voie

J’avais choisi cette licence pour devenir professeur d’arts-plastiques. En troisième année, j’ai suivi une option pour préparer au CAPES et j’ai eu un stage de trois jours dans un collège. Cela a suffi à remettre en question mon choix de carrière.

Un cours d’arts plastique au collège c’est 55 minutes pour faire entrer les élèves, faire l’appel, expliquer le sujet, sortir le matériel, travailler, ranger le matériel, et parler d’histoire de l’art. J’ai trouvé ces trois jours plus fatigants que trois jours complets de colonie de vacances (j’étais mono l’été). J’ai donc cherché autre chose.

 

 

Le titre de dessinateur concepteur, à l’école Émile Cohl à Lyon

 

Étude documentaire sur l’arbre à la gouache, trois objets et perspective.

 

J’ai réfléchi à mes envies et j’ai constaté que je n’avais jamais appris à dessiner. J’avais pris des cours d’art depuis mes 5 ans, mais c’était de l’art plastique, de la peinture, pas du dessin pur. J’ai donc cherché une école de dessin.

J’ai trouvé l’école Émile Cohl à Lyon qui est une école privée. J’avais fait le calcul prix à l’année divisé par le nombre d’heures d’enseignement et ça coutait moins cher que de prendre des cours particuliers. J’ai donc postulé sans me mettre la pression : au pire je dessinais pendant un an. J’ai eu mon diplôme quatre ans plus tard.

 

Sgraffite mis en couleur : des animaux s'échappent d'une tente.
Céramique colorisée par informatique.

 

Dans cette école, la quantité de travail demandée est l’équivalent de celle demandée en prépa maths ou français. Ce qui est fou c’est que chaque année vous pensez ne pas pouvoir travailler plus, et chaque nouvelle année vous travaillez plus.

Ma dernière année, je bossais entre 10h et 16h par jour tous les jours (week-ends et vacances compris). Il y a du travail à faire même pendant les vacances d’été et tout est noté. La motivation est essentielle ainsi que les amitiés que vous vous faites.

J’ai beaucoup appris au niveau dessin et techniques académiques, j’ai maintenant de vraies bases de dessin. L’enseignement est vaste, dessin, peinture, gravure, sculpture, BD, dessin animé, infographie, illustration, anatomie, perspective, étude documentaire, reliure… J’ai passé mon diplôme en option édition, en présentant une application numérique (codée et illustré) un livre issus de céramiques et un coffret de livres poèmes.

 

Application : Le Monstre de la cave.

 

Par contre j’ai trouvé dommage qu’il y ait peu d’ouverture à l’art contemporain dans le sens arts-plastiques. Surtout pour un école à Lyon, ville accueillant une biennale d’art contemporain. Il faut dire que mon profil était un peu atypique, venant de la fac arts-plastiques. Peu d’étudiants partageaient mon intérêt pour l’art contemporain.

 

Enseignements

Le système de l’école a changé depuis mon diplôme. Ils proposent des cursus bac +3 et +5 avec de plus longs stages. C’est un avantage pour l’équivalence (mais plus dur pour le portefeuille). Certains enseignements ont dû changer, mais je n’en sais pas plus. En tout cas, la rigueur de l’apprentissage académique du dessin est toujours le socle de cette école.

Par contre je sais qu’ils organisent régulièrement des stages ou des cours du soir qui sont de très bonne qualité (mais qui coutent cher).

 

 

Le master 2 professionnel, édition d’art et livres d’artistes, à l’université Jean Monnet de Saint Étienne

En sortant de cette école, j’ai misé sur la prudence en cherchant une année de master pour compléter ma formation. En effet en France on tend vers le système licence, master, doctorat. Il y a d’ailleurs un évolution cette année sur certaines études d’arts qui passent du bac+2 à +3.

Je ne vois pas mon avenir comme une ligne droite et j’ai voulu profiter de mon élan pour décrocher le master. Ainsi je garde la possibilité d’être professeur d’art dans l’éducation nationale, ou toute autre métier nécessitant un master.

 

Formation livre d'artiste, une ardoise peinte en trompe l'oeil, transformée en IPAD.
Livre d’artiste : Ardoise/IPAD

 

J’ai donc passé le master 2 professionnel édition d’art et livres d’artistes à l’université Jean Monnet de saint Étienne. On était une toute petite promotion, une douzaine d’étudiants. Après les classes d’Émile Cohl (45 à 80 étudiants), c’était étrange. L’année s’est divisée en deux, un semestre de cours et un de stage.

Cette dernière année d’études a été la conclusion de ce que j’avais pu apprendre jusque là. La création de livres d’artistes m’a permis d’associer la réflexion abordée en licence avec le savoir faire appris à Émile Cohl. J’ai réalisé un livre d’artiste, Agnès qui est rentré dans la collection Jackie Baral.

Je sais aussi comment éditer des livres, la législation, la comptabilité. C’est intéressant de voir une autre partie de mon travail. Des professionnels intervenaient en cours, source de richesse pour l’enseignement prodigué.

 

Formation au livre d'artiste, un livre ouvert, uniquement deux planches.
Livre d’artiste : à la manière des cubistes.

 

 

La formation n’est jamais finie

Trois écoles / universités différentes et à chaque fois, un enseignement de qualité. Bien sur vous ne trouverez pas les mêmes choses dans chaque structure, c’est pourquoi vous devez bien vous renseigner avant de vous inscrire. C’est d’ailleurs dommage que l’université ne permette pas aux terminales de suivre une semaine de cours, ça permettrait à beaucoup d’étudiants de confirmer ou de de changer leurs choix.

Pour les écoles privées, vérifiez qu’elles soient reconnues par l’état ou avec une équivalence. C’est embêtant si vous voulez vous reconvertir plus tard, que vous ne puissiez prétendre à rien.

Au cours de mes études j’ai donc acquis beaucoup de compétences très variées. En arts, l’apprentissage et la découverte n’est jamais finie. C’est pourquoi je me forme régulièrement à de nouvelles techniques, je lis, je me renseigne, je vois des expositions. J’explique tout cela dans un autre article de blog.

 

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